Les principes de l’Amourologie


Historique.

La sexologie vit le jour à la fin du XIX° siècle avec la publication à Stuttgart (Allemagne), de Psychopathia sexualis (1886) de Richard von Krafft-Ebing. Les travaux de Havelock Ellis de Philadelphie (U.S.A), Studies in the psychololy of sex (1898) et de Sigmund Freud de Vienne (Autriche) Trois essais sur les théories de la sexualité (1905), contemporains mais de conception très divergente expliquent les hésitations théoriques de la sexologie naissante. Magnus Hirschfeld crée en 1919, à Berlin, son fameux Institut qui sera le premier à être pillé et brûlé en 1933 par les nazis. Magnus Hirschfeld avait, aux yeux des nazis, deux raisons d’être persécuté, il était à la fois juif et homosexuel. Rappelons-nous les persécutions dont viennent d’être encore victimes, en novembre 2001, des homosexuels au Caire, parce qu’ils fréquentaient une boîte de nuit spécialisée. Certains ont été condamnés à deux, d’autres à cinq ans de travaux forcés.
Les pionniers de la sexologie ont toujours dû affronter les opinions conservatrices, racistes et fascistes. En 1926, dans la libérale et démocratique Hollande, Théodore Van de Velde décrit Le mariage parfait, qui prône le bonheur à la place du devoir conjugal et s’exportera jusqu’en 1965, connaissant près de cinquante éditions dans le monde entier.

En 1966, William Masters et Virginia Johnson publient Les réactions sexuelles.
Ce livre rapporte leurs travaux révolutionnaires qui fondent la sexologie scientifique moderne. En effet, ce sont eux, qui les premiers, ont osé observer la fonction sexuelle comme on avait étudié depuis Claude Bernard la fonction cardiaque, respiratoire ou digestive.
Dans leur laboratoire, transformé en blockhaus, six cent quatre-vingt quatorze hommes et femmes se sont masturbés ou ont fait l’amour devant des caméras de façon hétérosexuelle ou homosexuelle. Les sujets étaient munis d’électrodes et de toutes sortes de capteurs destinés à permettre l’enregistrement de leur rythme cardiaque, respiratoire et de leur tension artérielle.
L’érection du pénis, du clitoris, du téton, la couleur de la peau, entre autres, était mesurée. Puis ils passèrent à la phase clinique avec Les mésententes sexuelles et leur traitement (1970) dont l’éditeur de l’édition française, Robert Laffont, me confia la direction de la traduction (1972). M’étant découvert la vocation d’aider les individus et les couples qui présentaient des difficultés sexuelles, j’acceptai dès sa création, de répondre au Courrier des lecteurs d’Union (magazine mensuel sur la sexualité) et de faire une émission quotidienne avec Ménie Grégoire traitant de La responsabilité sexuelle sur RTL.
J’entreprenais en même temps une formation, en faisant des stages aux États-Unis, chez Masters et Johnson à Saint-Louis (Missouri), au National Sex Forum de San Francisco (Californie) et à l’Institut d’Esalen à Big Sur (Californie). À Paris, je commençais parallèlement une psychothérapie analytique jungienne et je mettais en place une supervision freudienne.

En vingt ans, la méthode va évoluer au fur à mesure que se déroulaient ma remise en cause et ma formation et que j’analysais les résultats de ma pratique. Ainsi la sexologie expérimentale et comportementaliste se transforme vite en Sexologie humaniste, puis en Sexologie humaniste analytique, pour devenir enfin l’Amourologie avec la publication d’Amourologue (1992). Ainsi la thérapie de la fonction sexuelle devenait une thérapie de la relation amoureuse, le symptôme étant replacé dans la globalité de la problématique relationnelle du sujet.

Enfin, je découvre l'E.M.D.R. (Eye Movement Desensitization and Reprocessing - Désensibilisation et reprogrammation par les mouvement occulaires) avec david Servan-Schreiber (2000)


La méthode.

L’Amourologie a pour but d’accompagner les individus et les couples qui sont à la poursuite de l’amour et du bonheur. L’objectif principal est d’accroître sa capacité amoureuse, pour atteindre un niveau nécessaire et suffisant. Il s’agit d’un processus de groupe, entrecoupé de séances individuelles intergroupes. Au minimum il faut compter une séance entre chaque groupe, voir plusieurs selon la demande et les besoins cliniques ou les aléas de la vie (rupture, deuil, accident, difficultés professionnelles...).
L’Amourologie répond à la définition de Wolberg :
C’est le traitement par des moyens psychologiques, de problèmes de nature émotionnelle, au cours duquel une personne expérimentée a une relation professionnelle avec un patient dans le dessein.
a) de faire disparaître, changer ou diminuer certains symptômes existants.
b) de modifier des comportements perturbés.
c) de favoriser la croissance positive et l’épanouissement de la personnalité.
L’enfant découvre naturellement toutes les facettes des sentiments au sein de sa famille.
J’ai transposé cette évidence de la condition humaine dans la thérapie en groupe. Celle-ci offre en effet de multiples possibilités d’expérimentation.


Les psychothérapeutes :

L’équipe comporte :
- Deux amourologues, psychothérapeutes référents, un homme et une femme. Ils ont en charge chacun la moitié des thérapisants quel que soit leur sexe. Dans le cas des thérapies de couple, chacun reçoit un des deux conjoints.
- Deux autres amourologues, psychothérapeutes des couples. Ils animent les groupes de couple et donnent les séances intergroupes de couple. Une fois par an, lors du grand atelier d’été de neuf jours, ils dirigent la pratique des exercices comportementalistes de la méthode de Masters et Johnson, réservés aux personnes venues en thérapie en couple.
- Un praticien de la méthode de Milton Trager.


Le cadre thérapeutique.

Chaque thérapisant signe avec lui-même devant les thérapeutes et devant tout le groupe un contrat où il s’engage:
1. À participer, sans exception, à tous les ateliers programmés du groupe continu :
- Sept week-ends de vingt-quatre heures se déroulant dans un lieu où nous disposons d’une piscine chauffée à trente-deux degrés, pour le travail psycho-corporel.
- Trois groupes de trois jours, « Devenir un Homme, devenir une Femme, devenir un Couple », durant lesquels les couples travaillent en groupe de couple et les individus en groupe unisexe d’hommes ou de femmes.
- Un groupe de trois jours d’éducation sexuelle avec les films du National Sex Forum de San Francisco.
- Un grand atelier d’été de neuf jours comportant un travail réservé aux couples selon la méthode de Masters et Johnson, du Travail de Trager, de la créativité et du travail audio-visuel.
- Un atelier écologique individuel de six jours au choix « La mer humaniste » ou « L’île humaniste ».
- Pour les couples seulement, mais en plus de l’atelier écologique individuel, un atelier de 4 jours « L’île humaniste de couple ».
- Un atelier d’un week-end heures sur le thème de Noël.
- Deux journées de huit heures de Travail de Trager pratiqué en individuel.
2. À participer à des ateliers de soirée de dix-huit heures trente à vingt heures chaque semaine, uniquement pour les thérapisants de la région parisienne, qui peuvent se libérer à cet horaire
3. À avoir au moins un entretien intergroupe entre chaque atelier de week-end ou plus.
Selon l’usage analytique, tous ces ateliers et ces entretiens doivent êtres réglés quand ils sont manqués.
Les thérapisants s’engagent en outre :
- À ne pas se voir, ni s’écrire, ni se téléphoner entre eux durant la période intergroupe, entre les ateliers.
-À ne pas avoir de jeux érotiques ni de relations sexuelles durant les ateliers.
Ces deux restrictions ne concernent évidemment pas les personnes en thérapie de couple.
- À ne pas consommer d’alcool durant les ateliers et à ne pas fumer à l’intérieur des locaux ou à bord des bateaux (pour la mer humaniste).
La durée de la cure psychothérapeutique n’est pas précisée à l’avance. Elle peut varier de quelques week-ends à plusieurs années. Il est seulement recommandé aux thérapisants qu’ils ne mettent pas un terme à leur thérapie brusquement et ne quittent pas les groupes précipitamment. Deux périodes sont prévues pour les départs : au retour des grandes vacances et quelques semaines après les fêtes de fin d’année.


Les thérapisants.

J’ai inventé le mot thérapisant, il y une vingtaine d’année, pour désigner les patients. Certains préféraient les appeler clients ou usagers, le mot malade étant évidemment réservé au monde médical. J’ai procédé par analogie avec le mot analysant, couramment utilisé dans la cure analytique. Le mot a fait son chemin, il a été adopté par l’ensemble de la profession.
Des puristes ont proposé le mot thérapiant. Il est encore peu utilisé, bien que grammaticalement plus correct, comme me l’a fait remarqué Alain Rey, le fondateur du dictionnaire « Le Robert ».
Le groupe de thérapisants comporte actuellement une cinquantaine de participants, à peu près autant d’hommes que de femmes, de dix-huit à soixante-dix ans, en provenance de quinze pays, de race et de religion très variée, la plupart hétérosexuel, mais aussi quelques homosexuels. Plus de la moitié sont en thérapie de couple.



Les méthodes thérapeutiques employées.

L’Amourologie est :
- Sexologique
- Comportementaliste (méthode de Masters et Johnson)
- Analytique s’appuyant à la fois sur des concepts jungiens et freudiens.
- Humaniste (utilisant des concepts et des pratiques de la psychologie humaniste : gestalt, bioénergie, koula ...)
- Psychocorporelle (travail de Milton Trager, massage sensitif, travail en piscine).
- Musicothérapeutique (utilisant les opéras de Mozart, mais aussi ceux de Rossini, de Verdi, d’Offenbach et toutes sortes de musique dont la musique celtique ...)
- Éducative (éducation sexuelle et amourologique, apprentissage de la pratique de la voile de croisière en école de voile.)
- Épanouissante (danse, créativité, musique, chant).
- Audiovisuelles : les thérapisants voient plus d’une vingtaine de longs-métrages et une dizaine de documentaires par an. Ils sont filmés lors des ateliers écologiques alors qu’ils découvrent les Iles du Ponant (Hoëdic, Houat, Belle Ile en Mer, Groix) la baie de Quiberon et le golf du Morbihan.
- EMDR. Depuis janvier 2004, j'ai introduit la pratique de l'E.M.D.R. (Eye Movement Desensitization and Reprocessing - Désensibilisation et reprogrammation par les mouvement occulaires). Les séances ont lieu en individuelle ou en groupe.
Tous les ateliers sont résidentiels soit dans un centre de séminaires classique, soit en camping. Beaucoup de travail se fait durant les pauses, les prises de repas et la vie en commun vingt-quatre heures sur vingt-quatre durant les ateliers écologiques.



La méthode du Travail de Trager.

En 1975 et 1978, j’ai organisé un séjour de formation en Californie pour une cinquantaine de participants français. Ils comprenaient :
- Un stage de vidéo-gestalt-thérapie avec Barry Goodfield à San Francisco.
- Un stage de restructuration sexuelle au National Sex Forum de San Francisco.
- Un stage de bioénergie avec Alan Schwartz ou de Gelstalt avec Betty Fuller à l’Institut d’Esalen de Big-Sur.
- Un stage de massage sensitif californien et un stage de massage érotique avec Margaret Elke dans son Institut de La Fayette.
C’est au cours d’un stage à l’Institut d’Esalen en Californie, en 1978, que j’ai reçu des mains de Betty Fuller un Travail de Trager. Il s’agit d’un massage très spécial. Il fait appel à la méditation transcendantale. Il demande une longue et complète formation du praticien. Pas du tout érotisant, il plonge le thérapisant dans un état régressif tendre et délicieux. Pratiqué en groupe, il apporte autant à celui qui donne, qu’à celui qui reçoit. Ainsi se différencient le besoin et le désir.
L’érotisation est un des inconvénients majeurs du massage sensitif, quand on veut le faire pratiquer en groupe alors que dans le même temps le passage à l’acte sexuel entre les thérapisants est interdit. Le Travail de Trager apporte une solution, évitant le dilemme érotisation-frustration. Dès que je reçus ce premier Travail de Trager, je suis partis rencontrer Milton Trager à Hawaï. L’année suivante, je l’ai fait venir en France pour qu’il fasse deux stages de formation, les seuls qu’il ait donnés en Europe. Depuis quelques années il existe une Ecole du Travail de Trager en France.



Les différents ateliers du cycle annuel.

Je vais synthétiser l’essentiel du travail accompli dans chaque atelier, puis je développerai davantage deux exemples originaux : la Mer Humaniste et l’Ile Humaniste.
a) Les week-ends résidentiels en groupe.
Au début, et cela pendant plusieurs années, le processus ne comportait qu’un week-end marathon de vingt-quatre heures par mois, sans entretien intergroupe. Ces week-ends constituent donc le cœur de la méthode. Ils comportent un travail en eau chaude comme je l’avais expérimenté à l’Institut de Big Sur, au bord de l’océan Pacifique, avec le travail psycho-corporel qui se déroule dans l’eau des sources naturelles des Indiens de la tribu Esalen jaillissant à quarante degrés. Nous alternons alors le portage, la relaxation et toutes sortes de jeux où peuvent s’exprimer joie et abandon. Ce travail peut être régressif, mais il est le plus souvent ludique et basé sur la détente et la tendresse. Il n’y a pas d’induction érotique. La musique y tient une place importante : de Mozart à la Compagnie Créole, elle sert de support aux états d’âme ou accompagne la danse.
À chaque fois nous allons voir un film, un long-métrage grand public qui sert de support à un travail de psychothérapie analytique de groupe. Il ne s’agit pas de faire un travail de « ciné-club », mais de prendre en compte ses émotions et ses identifications. Chacun étudie ses propres réactions, les comparant à celles des autres, notamment à celles des personnes de l’autre sexe. Imaginons une scène de film où il est suggéré le déroulement d’un inceste : certains comprendront que le père vient d’avoir des relations sexuelles avec sa fille et d’autres pas.
Depuis que se sont ajoutés tous les autres ateliers, il ne reste plus maintenant que sept de ces week-ends de vingt-quatre heures, régulièrement répartis dans l’année. Ils se déroulent dans un lieu où nous disposons d’une piscine chauffée à trente-deux degrés, pour le travail psycho-corporel et à proximité, d’un complexe cinématographique U.G.C. Si nous désirons avoir encore plus de choix, nous pouvons facilement accéder au Forum des Halles où sont projetés simultanément une cinquantaine de films.

b) Durant les trois groupes de trois jours, « Devenir un Homme, devenir une Femme, devenir un Couple », les couples travaillent en groupe de couple et les individuels en groupe unisexe d’hommes ou de femmes. Tous ont l’occasion de pratiquer en groupe la méthode corporelle de Trager. Chaque soir un long-métrage ou un documentaire est projeté et sert de support thérapeutique. Le travail en groupe unisexe permet aux thérapisants de s’exprimer encore plus librement, sans avoir la crainte de blesser quelqu’un du sexe opposé.

c) L’atelier de trois jours d’éducation sexuelle utilise les films du National Sex Forum de San Francisco. Ce ne sont pas des films pornographiques, mais des films de sexologie où l’on voit des individus se masturbant ou des couples faisant l’amour tendrement. Ces personnes, qui n’ont pas été rétribuées, ont fait don de leur comportement sexuel à la science, durant leur vie. L’usage de ces films est strictement réservé. Ils ne sont utilisés que dans un but éducatif et thérapeutique. Après leur projection, la parole circule alors dans le groupe. Les thérapisants parlent de ce qu’ils ont ressenti durant la projection ou de leur expérience ou encore de leur pratique personnelle.

d) Le grand atelier d’été de neuf jours en juillet est surtout l’occasion pour les couples de faire la méthode de Masters et Johnson et le Travail de Trager. Les thérapisants individuels feront de la créativité et du travail de Trager. Chaque soir la vision d’un film de long-métrage sert de support thérapeutique. Soit un total de neuf films qui s’articulent autour d’un ou plusieurs thèmes. C’est l’atelier le plus puissant du processus, surtout à cause de sa durée. La régression est plus intense et la juxtaposition d’une série de films sur un même thème renforce leur impact. Selon les années, ce peuvent être les films de Marcel Pagnol ou Ingmar Bergman, des opéras de Mozart, de Verdi ou de Rossini.

e) Un atelier écologique « La mer humaniste » où chaque thérapisant participe individuellement. Pour les couples, le conjoint participe obligatoirement à l’autre atelier écologique « L’île humaniste ». Les thérapisants individuels ont le choix entre ces deux ateliers ou peuvent aussi participer aux deux.

f) Pour les couples seulement, en plus de l’atelier écologique individuel, il existe un autre atelier obligatoire de quatre jours « l’Ile humaniste de couple ». Il peut ressembler à un voyage de noce à cause de l’aspect enchanteur de l’Ile d’Hoëdic. Chacun couple peut y trouver le soleil, la mer et la communication, en quelque sorte le bonheur.

g) Un atelier individuel inter-ile/mer de quatre jours. Quand un thérapisant choisit de faire à la suite les ateliers de la Mer humaniste et de l’Ile humaniste, ce ceux-ci sont séparés par les quatre jours consacrés à l’atelier de l’Ile de couple. L’atelier Inter-ile/mer se déroule parallèlement.

h) L’atelier spécifique de vingt-quatre heures sur le thème de Noël, qui est placé juste avant la trêve des confiseurs, comporte un travail sur le cadeau et une expérience thérapeutique spécifique de niveau spirituel tel qu’un concert de musique celtique, une conférence sur le bouddhisme avec la rencontre d’un moine tibétain, une messe de Noël dite par un moine dominicain…
Chacun à l’occasion de pouvoir exprimer ses croyances. Très festif, cet atelier comporte un réveillon où chacun peut faire partager ses talents gastronomiques. Exceptionnellement et avec modération, la consommation d’alcool est autorisée. Faire la fête est difficile pour certains. Souvent des souvenirs très douloureux sont liés aux fêtes de fin d’année.

i) Les ateliers de soirée de dix-huit heures trente à vingt heures, sont réservés aux thérapisants de la région parisienne, qui peuvent se libérer à cet horaire. Ils sont hebdomadaires, sauf pendant les vacance scolaires de la région de Paris. Ces groupes de parole sont précédés par vingt minutes d’écoute de la musique de Mozart.

j) Les entretiens intergroupe individuel et de couple comprennent:
- Au moins un entretien individuel intergroupe avec l’amourologue référent entre chaque atelier. Souvent les thérapisants choisissent d’en avoir un par semaine .
- Et pour les couples, au minimum un entretien de couple intergroupe avec les amourologues de couples, entre chaque grand groupe où les deux membres du couple sont réunis
Il s’agit d’entretiens verbaux face à face, sans travail psycho-corporel.


La Mer Humaniste.

La Mer Humaniste a été le premier des ateliers écologiques. Le risque de naviguer ne pouvant en aucun cas être imposé, il a été donné la possibilité choisir entre celui-ci et l’atelier « l’Ile Humaniste » qui se déroule à terre dans l’Ile d’Hoëdic. Ce sont les ateliers les plus originaux et les plus avancés du processus.
La Mer Humaniste fait intervenir activement la nature dans le processus thérapeutique. Elle a déjà été réalisé trente-six fois en vingt ans. Les principes de base sont :
- Donner une priorité absolue à la sécurité : une main pour le marin, une main pour le bateau.
- Réaliser l’atelier dans le cadre professionnel protégé d’une école de voile dédié à l’apprentissage de la navigation de croisière : le Centre de Formation à la Croisière (CFC) dirigé par le navigateur Philippe Facque et basé à La Trinité-sur-Mer (Morbihan).
- Confier la responsabilité de la navigation, donc de la sécurité, à un moniteur professionnel diplômé d’Etat qui va organiser et conduire l’escadre, assisté d’un deuxième moniteur.
Sur le plan thérapeutique, l’atelier est conduit par les deux amourologues référents.
Il dure six jours, les thérapisants dorment et font la cuisine à bord des bateaux. Ils forment des équipages de cinq à huit personnes, selon la taille des bateaux qui varie de sept à dix mètres. Chaque bateau est dirigé par un thérapisant skippeur, assisté d’un second. Tous deux doivent êtres capables de naviguer correctement. Un autre thérapisant assure la fonction d’intendant. Les autres thérapisants membres de l’équipage ont des fonctions plus accessoires.
Il n’est pas nécessaire de savoir naviguer ou de savoir nager. Il n’est pas grave de n craindre mal de mer, puisque dans le contexte thérapeutique, les thérapisants s’ils sont un peu patraques les premiers jours s’amarinent très vite et n’ont plus le mal de mer. La mer avec son affrontement continuel aux réalités de la nature, impose d’acquérir un savoir faire accompagné d’une grande prudence.
La vie en groupe, la promiscuité dans l’espace restreint du bateau, les relations hiérarchiques et les lois de la mer offrent un riche champ d’expérience. Le skippeur est le père du bateau, son second le frère cadet et l’intendant la mère nourricière.
Les équipages sont le plus souvent mixtes. Parfois ils ne sont composés que d’hommes. Nous avons renoncé à faire des équipages exclusivement féminins. Cela est arrivé à deux reprises, des conflits très douloureux ont surgi. Ils ont été difficiles à résoudre et ont un peu gâché le plaisir et l’harmonie de la croisière.
La promiscuité à bord développe la capacité de sociabilité. Elle est propice à la survenue de frictions et de conflits dont la résolution fournit un autre champ à travailler.
Le bercement de la mer améliore le sommeil et favorise les rêves que le thérapisant après les avoirs notés sur son carnet personnel pourra analyser plus tard.
Ainsi se déroulent conjointement le processus d’apprentissage de la navigation de croisière et le processus thérapeutique.
Le processus audiovisuel consiste en la réalisation d’une vidéo de soixante minutes par équipage qui retrace l’histoire de la croisière de chaque bateau. Une autre vidéo est tournée sur le travail spécifique des skippeurs. Ces vidéos sont projetées après devant le grand groupe. Ainsi le travail psychologique et l’aventure unique de chaque bateau sont mis en commun et concours à la réunification du processus général.
Nous avons observé dès les premiers ateliers la puissance du processus. S’il n‘en était pas tenu compte les thérapeutes et les moniteurs ne tardaient pas à régresser. Cela nous a amené à prendre un certain nombre de précautions, sous la forme de règles bien précises :


- Les psychothérapeutes ne naviguent jamais sur le même bateau que les thérapisants.
- Les moniteur de voile sont le moins possibles en relation avec les thérapisants. Ils ne les côtoient que durant les cours techniques et le temps de la navigation. On leur demande d’éviter d’être avec eux pendant les moments de détente, lors des dîners ou des soirées. Les moniteurs logent sur le bateau du staff avec les thérapeutes.
- Lors des escales, les thérapeutes vont eux-même s’efforcer de prendre une certaine distance par rapport aux moniteurs en logeant à terre lorsque c’est possible et souvent en dînant sans eux. Ainsi l’identité professionnelle spécifique de chacun est prise en compte.
- Le travail analytique se déroule en petits groupes de parole. Si l’escadre comporte
par exemple quatre bateaux de cinq thérapisants, il est formé deux petits groupes qui se réunissent une heure par jour dans l’un des bateaux sous la direction d’un psychothérapeute. Ce temps de travail assez court est suffisant. Il comporte soit un travail de psychothérapie analytique de groupe, soit un travail sur la vie de bord. Il peut s’agir des problèmes relationnels suscités par la vie commune à bord ou par les manœuvres de navigation du bord.
- Tout au long de la croisière, chaque thérapisant dispose d’un manifold dupli, sur lequel il note ses impressions et ses rêves. Une des deux feuilles est remise régulièrement aux psychothérapeutes, qui peuvent ainsi suivre le déroulement du processus thérapeutique de chacun et en reprendre certains points lors des petits groupes de parole.
Le soleil, la mer, la pluie, la houle, la beauté des paysages, les cris des oiseaux, la rencontre avec les dauphins et l’amitié créent le cadre d’une aventure psychique inoubliable.


L’Ile Humaniste.

Qu’ils soient réservés aux thérapisants individuels ou aux couples, tous les ateliers de l’Ile Humaniste se déroulent dans une petite Ile du Ponant : l’Ile d’Hoêdic (caneton en breton). Elle fait deux kilomètres et demi sur un et compte une centaine d’habitants. L’atelier dure six jours, y compris les huit heures de voyage à partir de Paris. Après le TGV jusqu’à Auray, l’autobus jusqu’au Port Maria de Quiberon, il faut encore compter une heure et quart de navigation sur le rapide catamaran de la Compagnie Morbihannaise de Navigation. Hoëdic, c’est un peu le bout du monde. Les thérapisants pratiquent le camping et disposent de gîtes ruraux pour faire la cuisine, se laver et se protéger en cas de mauvais temps. La mer est toujours présente, tant dans les activités que dans les esprits. Les thérapisants sont répartis en petits groupes avec un responsable et un intendant par gîte. On retrouve la structure familiale avec un père et une mère. Certains qui ne veulent pas camper peuvent disposer d’un lit dans une chambre du gîte.

Le travail se déroule soit en grand groupe soit en petits groupe correspondant au logement par gîte. Les exercices sont axés sur le sable et la mer. Chacun ou chaque couple se voit proposé de faire un château de sable où peuvent s’exprimer rêves et fantasmes. L’observation des oiseaux, du coucher de soleil, des fleurs et des odeurs servent de support au travail psychologique. Il y a un temps réservé à la créativité audio-visuelle, tel un mariage mis en scène par les thérapisants ou tout autre thème laissé à leur libre imagination. Ces films souvent comiques et offrent l’occasion de travailler sur l’humour. Chaque soir a lieu une veillée musicale.



Éthique

Lorsqu’un thérapisant suit un processus d’Amourologie, il est assuré qu’il continuera d’être accompagner même s’il rencontre des difficultés financières. S’il souffre trop il sera adressé à un psychiatre correspondant qui pourra lui prescrire transitoirement un traitement qui le soulagera. Une ligne téléphonique de garde est toujours ouverte. Le montant des honoraires est fixé en fonction des possibilités pécuniaires du thérapisant, de ses revenus, de ses charges et de ses endettements. Nous nous efforçons d’ouvrir l’accès à l’Amourologie t le plus largement possible, en faisant en sorte que le niveau économique ne soit pas une cause d’empêchement.
Les amourologues ont une relation amicale très humaine et très chaleureuse avec les thérapisants, dans un cadre éthique tout à fait stricte, qui pose les limites nécessaires à un tel travail. Un travail continu de supervision en groupe de toute l’équipe complète et sécurise le dispositif général.



Conclusion

L’Amourologie fait partie des méthodes de psychothérapie qui sont nées outre-Atlantique après la deuxième guerre mondiale. Semblant au départ remettre en questions les principes de la psychanalyse, elles en ont repris de nombreux éléments.
Les praticiens de ces nouvelles méthodes ayant fait eux-même une psychanalyse, leur pratique s’est transformée, intégrant les diverses composantes de leur travail personnel et de leur formation.
De même que les praticiens qui travaillent en Afrique se sont aperçus qu’ils avaient de meilleurs résultats thérapeutiques en employant en même temps les méthodes traditionnelles et la médecine européenne, certains psychothérapeutes ont pu constater qu’ils avaient eux aussi de meilleurs résultats en associant l’approche psychanalytique, les thérapies psychocorporelles et les méthodes comportementalistes.

Mais le progrès le plus important a été l'introduction de l'EMDR dans le processus.
Le fait de pouvoir guérir définitivement les séquelles des divers traumatismes, les grands et les petits, a complètement changé les résultats thérapeutiques.
Disons que cela représente une véritable révolution thérapeutique car en fait l'EMDR fait plus que guérir les traumatismes, ce qui est déja important, il ouvre le coeur. L'EMDR réconcilie, développe l'amitié et l'amour. Il a le potentiel de réconcilier les couples et les peuples.
Les difficultés conjugales sont le problème majeur de notre socièté, les luttes politiques et ethniques mettent en jeu la paix dans le monde.
L'EMDR, s'il se développe, peut apporter l'espoir d'une solution à ces difficultés.

01/12/2005